Forêt d’Étiolles : un patrimoine vivant, un engagement dans le temps long

La forêt d’Étiolles n’est pas un décor figé ni un parc d’agrément que l’on entretient à la marge. C’est un patrimoine vivant, complexe, exigeant, qui s’inscrit dans des temporalités longues. Pendant des décennies, cette forêt n’a pas fait l’objet d’une gestion structurée : sur un canton, aucun entretien depuis 1988 ; sur l’autre, depuis 1994. À l’origine, il s’agissait de trois bois communaux distincts, sans vision d’ensemble, sans stratégie de gestion durable.

C’est au cours du mandat conduit par Amalia Duriez qu’un véritable tournant a été pris. Pour la première fois, la forêt d’Étiolles a été pensée comme une entité cohérente : une forêt communale à part entière. Un document forestier a été élaboré, posant les bases d’une gestion raisonnée, encadrée, durable. Cette étape marque une rupture nette avec les tentatives avortées des mandats précédents et met fin à des années d’inaction.

Il faut rappeler une réalité souvent mal comprise : une forêt ne s’entretient pas comme un jardin. L’entretien forestier s’inscrit dans des longs cycles, généralement de huit ans. Or, entre le lancement de cette nouvelle gestion et la crise sanitaire du Covid, seuls quatre ans ont réellement pu être engagés. Il est donc normal que la forêt soit encore « en chantier », qu’elle évolue, qu’elle traverse des phases parfois difficiles à accepter visuellement.

Plus une forêt est petite et proche de l’activité humaine plus son entretien est complexe et onéreux.

Ces dernières années, la forêt s’est d’ailleurs davantage dégradée qu’au cours des vingt années précédentes. Les causes sont connues : changement climatique, pollution, pression humaine, artificialisation des sols, sur construction. Face à cela, un travail de fond a été engagé, avec méthode, expertise et humilité. Mais ce travail demande du temps. Si certains souhaitent une forêt immédiatement « belle », il faut être clair : ce projet n’est pas pensé pour l’instantané, mais pour les générations à venir. Une forêt n’est ni un jardin, ni un parc paysager. C’est un écosystème vivant qui se construit et se régénère sur plusieurs décennies. Au plus court, nous travaillons pour nos petits-enfants.

Aujourd’hui, la forêt s’apprête à être rouverte au public. Cette réouverture n’est pas improvisée. Elle s’appuie sur un diagnostic archéologique déjà réalisé, un diagnostic paysager en cours, et sur le travail conjoint de nombreux acteurs : services communaux, Office National des Forêts, archéologues, paysagistes, historiens, associations locales et habitants. Rien ne se fait au coup par coup, ni sur des impressions personnelles, ni sous le coup de l’émotion liée à un arbre malade ou à une parcelle en transition.

Ce projet forestier n’a de sens que s’il se poursuit dans la durée. L’abandonner aujourd’hui reviendrait à perdre plusieurs années de travail et à reprendre, une fois encore, un retard que la forêt ne peut se permettre. Un document forestier s’inscrit sur 15 à 20 ans ; l’entretien forestier sur des cycles de huit ans. La forêt, elle, n’attend pas.

Cette vision du temps long est la même que celle qui guide notre action en matière d’urbanisme. Construire, rénover, aménager un territoire ne relève pas de décisions ponctuelles ou d’arrangements entre amis. Avant 2014, Étiolles a trop souvent subi des projets sans concertation, sans règles claires : programmes immobiliers sans stationnement, disparition de chênes centenaires, dégradation ou pillage de patrimoines historiques comme le pavillon Collardeau, l’ancien petit théâtre de la Pompadour …, ou dans le domaine des Hauldres et bois des Coudrais . Les conséquences de ces pratiques anciennes sont irréversibles et encore visibles aujourd’hui.

Avant la mise en place définitive de la politique d’entretien des lisières , les riverains ont été consultés, leur choix majoritaire entre lisière sauvage ou lisière en prairie a été respecté (par canton). Les Étiollais ont aussi été conviés à des opérations de martelages pédagogiques.

La commune a aussi acquis une parcelle privée enclavée dans la forêt, issue de division très ancienne, un travail sur la continuité forestière et les corridors écologiques est aussi en cours.

Pour conserver un équilibre écologique cohérent, les zone boisée doivent alterner avec des zones plus éclaircies et des prairies.

Les prairies sont aussi des espaces écologiques qu’il faut entretenir, pour cela la commune à engager une convention avec le Centre Équestre local et mis en place un écho Pâturage test.

A la livraison du domaine des vignes ou du domaine des Hauldres, des surfaces significatives de forêt ou de prairie seront rétrocédées par les promoteurs pour venir agrandir la forêt communale, ces surfaces sont déjà identifiées dans les programmes en cours.

Un travail sur les biens sans maître, initié en 1996 et abandonné par les mandatures suivantes, a été repris par la commune pour identifier et aliéné les surfaces boisées ou urbaines abandonnées ou sans propriétaire identifié. C’est un travail chronophage, fastidieux et administrativement complexe.

Le recensement et la cartographie des points d’eau et ouvrages hydrauliques très nombreux sur la commune est aussi en cours, Les derniers plans complet, date du XIXe siècle.

La connaissance des ressources en eau potable et leur préservation sera de plus en plus prégnante dans les années à venir.

Depuis, un cadre a été posé. L’urbanisme est instruit avec rigueur, écoute, équité et responsabilité. Les habitants sont reçus, les projets étudiés, les règles expliquées. Cela peut parfois générer des contraintes ou des frustrations, mais l’objectif est clair : protéger l’intérêt général, valoriser les investissements des particuliers et préserver l’identité d’Étiolles. Cette méthode a notamment permis la reconstruction du centre du village et la sortie de la situation de carence avec des programmes originaux et adaptés, conformément aux engagements pris malgré une conjoncture urbanistique générale  très défavorable.

Un dialogue constructif et cohérent a été instauré et entretenu avec les bâtiments de France, Notre village étant sur le périmètre inscrit sur la  quasi-totalité de sa surface, cette protection doit être considérée comme une chance et non comme une contrainte.

Forêt d’Étiolles et forêt de Sénart : deux réalités distinctes, deux cadres de gestion complémentaires

La forêt de Sénart est une forêt domaniale de l’État, classée forêt de protection et gérée par l’ONF.
La forêt d’Étiolles correspond aux bois communaux et aux lisières forestières situées sur le territoire de la commune.
Les statuts juridiques, les responsabilités et les modes de gestion sont différents, mais convergent vers un même objectif de préservation.

Nous participons régulièrement aux travaux sur la charte forestière de la forêt de Sénart.

Points clés

  • La forêt de Sénart : une forêt domaniale de l’État
    La forêt de Sénart est une forêt appartenant à l’État.
    Elle est classée forêt de protection par décret en Conseil d’État, ce qui interdit toute urbanisation ou changement d’affectation des sols.
    Sa gestion est confiée à l’Office national des forêts, dans un cadre strictement défini par le droit forestier.
  • Le rôle de l’ONF en forêt de Sénart
    L’ONF assure l’entretien, la gestion sylvicole, la préservation de la biodiversité et la sécurité du public.
    Il organise également la régulation de la faune (sangliers, chevreuils) par des opérations encadrées, notamment la chasse, selon un calendrier précis (principalement les jeudis hors vacances scolaires).
    Ces décisions relèvent de l’État et de l’ONF, et non de la commune.
  • La forêt d’Étiolles : des bois communaux et des espaces naturels locaux
    La forêt d’Étiolles ne désigne pas la forêt domaniale de Sénart, mais les bois communaux, les espaces forestiers périphériques et les lisières situées sur le territoire de la commune d’Étiolles.
    Ces espaces relèvent de la responsabilité de la commune, dans le respect des documents d’urbanisme et des réglementations environnementales.
  • Un cadre d’urbanisme très contraint à Étiolles
    Le PLU classe une grande partie des bois communaux, des lisières forestières et des bords de Seine en zones naturelles inconstructibles.
    Même lorsqu’il s’agit de terrains communaux, toute construction y est interdite.
    La commune a maintenu ces protections sans remise en cause, y compris face aux pressions de l’État pour ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation.
  • Deux forêts, une même logique de protection
    La forêt de Sénart (domaniale) et la forêt d’Étiolles (communale) n’ont pas le même statut juridique, ni le même gestionnaire.
    En revanche, elles s’inscrivent dans une continuité écologique et paysagère, essentielle pour la biodiversité, la qualité de l’air et le cadre de vie.
  • La charte forestière de territoire : un cadre commun
    Les chartes forestières de territoire (2003 puis 2022-2031) concernent l’ensemble du massif de Sénart et de ses lisières.
    Elles visent à coordonner l’action de l’État, des communes, de l’ONF et des autres acteurs pour concilier protection, usages et valorisation du patrimoine forestier.

Association des Communes forestières.

Les bases étant posées nous avons l’intention d’adhérer à la l’association des communes forestières Communes forestières France

Pour mieux comprendre les outils qui encadrent ces choix

  • Le PLU (Plan Local d’Urbanisme) est le document de référence qui fixe les règles d’utilisation des sols : où l’on peut construire, quoi, comment et sous quelles conditions. Il traduit une vision collective du développement du territoire.
  • Le règlement de voirie encadre l’usage et l’aménagement de l’espace public : trottoirs, chaussées, accès, réseaux. Il garantit la sécurité, la cohérence et la durabilité des aménagements. Il fixe un tarif d’occupation clair équitable pour chaque usager.
  • Une charte forestière de territoire est un outil de concertation locale dédié à la forêt. Elle n’a pas de valeur réglementaire et ne modifie aucun statut juridique ou classement. Elle associe l’État, l’Office national des forêts, les collectivités et les usagers. Elle définit des objectifs partagés de protection, de gestion et d’usages de la forêt. Elle coordonne des actions volontaires dans une logique de long terme.
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